Les antennes-relais à nouveau devant les tribunaux (08/11/2008)
Déboutée en 2006 de sa demande de relogement et d’indemnités, une Strasbourgeoise va à nouveau tenter de faire valoir son hypersensibilité aux ondes électromagnétiques devant la cour d’appel de Colmar.
Entre associations alarmistes et opérateurs rassurants, difficile de se faire une opinion tranchée sur la nocivité supposée des antennes relais.
Fourmillements dans les doigts et les jambes, maux de tête et douleurs dorsales…Tels sont les symptômes qui affectent cette femme de 44 ans, et que le cancérologue Dominique Belpomme attribue à un syndrôme d’électro-hypersensibilité (EHS), une pathologie non reconnue en France mais qui l’est en Grande-Bretagne et en Suède.Elle réclame de son bailleur social un relogement dans une zone faiblement exposées aux ondes électromagnétiques des antennes-relais. Va-t-elle à nouveau être déboutée, comme en septembre 2006 -alors qu’elle réclamait en plus du relogement une indemnité pour préjudice moral et le remboursement de neuf mois de loyers- ou se faire entendre du tribunal, comme l’ont été les trois couples de Tassin-la-demi-lune (69), qui ont obtenu le démontage d’une antenne-relais de téléphonie mobile le 18 septembre dernier ?Apparemment pas très optimiste pour ce procès en appel, l’avocat de la plaignante souhaite se rattraper à l’occasion d’une deuxième action au civil pour « trouble anormal du voisinage » contre les opérateurs, à qui il réclame 10 000 euros destinés à financer des travaux de « blindage » de l’appartement.Le débat fait rage, au gré des actions en justice, sur la dangerosité des antennes-relais de téléphonie mobiles, au nombre de 47 000 sur le territoire national. Les opérateurs sont confrontés à l’obligation de couvrir les « zones blanches » et doivent affronter l’inquiétude des riverains : “Il devient difficile de concilier le souhait légitime du consommateur qui veut l’accès aux services mobiles partout avec les réticences de ceux qui ne veulent pas d’antennes près de chez eux”, résume ainsi Emmanuel Forest, directeur général de Bouygues Telecom.Pour accélérer l’issue d’un débat « loin d’être tranché scientifiquement », le maire de Strasbourg Roland Ries a annoncé la création d’un observatoire sur l’impact sanitaire des antennes-relais qui réunirait les opérateurs, des associations, des usagers et des habitants.
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